À propos
Je m’appelle Max Avras, et j’accompagne des personnes dans leur VRAS — leur Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle — à travers des prestations d’accompagnement et d’escort, exercées en Belgique et au delà. Ce site n’est pas seulement une présentation de ce que je propose : c’est aussi un espace où je partage des outils, des réflexions et des questions, avec l’espoir de faire avancer ces sujets, et d’autres qui leur ressemblent, pour toutes les personnes qu’ils peuvent concerner.
L’accompagnement et l’escort
Le mot accompagnement est central dans ce que je propose, et il mérite d’être éclairci, parce qu’il est utilisé dans des sens très différents, et qu’il n’a rien d’évident.
À la base, l’accompagnement désigne une pratique qui s’est développée dans le milieu du handicap, souvent dans un cadre associatif ou institutionnel, pour offrir aux personnes en situation de handicap un soutien à leur vie intime, affective et sexuelle. Cette acception a émergé ces dernières années, et elle est précieuse : elle reconnaît que la sexualité fait partie de la vie, au même titre que d’autres dimensions de l’existence, et qu’elle mérite, à l’égal de ces autres dimensions, d’être pensée et soutenue avec attention.
Ce que j’appelle AVRAS — Accompagnement à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle — reprend cette idée, en l’élargissant. L’acronyme fait écho à un terme déjà connu du grand public : l’EVRAS, c’est-à-dire l’Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle, telle qu’elle est portée dans le cadre scolaire. Là où l’EVRAS vise à éduquer collectivement, l’AVRAS vise à accompagner, individuellement, des personnes qui vivent des blocages, des peurs, des mécanismes intériorisés, ou des personnes en situation de handicap, physique ou mental, pour qui l’accès à la sexualité est difficile, voire impossible ou dangereux. Les deux démarches se complètent plus qu’elles ne s’opposent : l’une pose des bases partagées, l’autre accueille une situation singulière. Ce qui me plaît dans ce parallèle, c’est qu’il rend lisible, dès l’acronyme, le projet d’ancrer la VRAS dans une relation d’accompagnement, et pas dans un cours.
L’escort, pour sa part, est un terme courant du travail du sexe. Beaucoup de TDS — travailleur·ses du sexe — l’emploient pour désigner un soutien, une présence, un moment partagé. Je considère que l’activité d’escort, quand elle est exercée dans cet état d’esprit, fait pleinement partie de l’accompagnement. C’est pourquoi je choisis de mettre l’accent sur ce dernier terme : il dit mieux ce que je cherche à offrir — un cadre, une présence attentive, et un échange entre deux personnes, plutôt qu’une prestation à livrer.
Rien de tout cela n’est établi une fois pour toutes, et je l’arrange à ma sauce, en m’appuyant sur mon expérience, mes lectures, et les échanges que j’ai avec chacun, dont des professionnel·le·s du soin. Le cadre que je pose dans mes prestations est pensé pour que chacun·e puisse y trouver sa place, avec ses particularités et ses limites, qu’il s’agisse d’un handicap, d’un trouble, d’une peur ancienne, d’un conditionnement social, ou d’une histoire personnelle qui demande à être accueillie.
Qui je suis
Sur le physique
Je suis un homme, grand, fin, blanc. J’en parle peu d’ordinaire, parce que ce n’est ce sur quoi je veux mettre l’accent. Je comprends cependant que cela puisse compter, pour certaines personnes, de savoir à qui elles s’adressent.
Ce qui m’a amené ici
J’ai grandi dans l’incompréhension des oppressions, et dans la gêne de les voir normalisées — le sexisme, le validisme, et bien d’autres. J’ai toujours été frustré par les tabous, et tout particulièrement par celui qui entoure la sexualité. Plus jeune, j’ai souvent proposé, en essayant d’être simplement moi-même, un cadre posé pour discuter, pour laisser l’autre être, et dédramatiser ce qui devait l’être.
Je suis en contact avec le milieu du handicap depuis très jeune, ce qui m’a forgé. J’y ai entre autre appris, bien avant de m’en servir professionnellement, que le respect d’une personne commence par l’ajustement à ses besoins, et pas par la projection de ce que l’on imagine pour elle.
J’ai vécu, dans ma vie privée, des expériences fortes au cours desquelles des personnes proches ont pu, entre elles et moi, dépasser des difficultés et s’épanouir. Ces moments, m’ont beaucoup apportés et m’ont donné envie de devenir travailleur du sexe. J’ai pris le temps d’attendre quelques années, pour être sûr de ne pas aller trop vite, et pour continuer à me développer en parallèle.
Je travaille avec Aditi wb depuis 2024. Cette ASBL anime des formations et propose un accompagnement sexuel à des personnes en situation de handicap. C’est à leurs côtés que je me forme en continu, et que je nourris ma pratique au quotidien.
Mes valeurs
Mon intérêt pour le féminisme est d’abord un intérêt pour les mécanismes — ceux qui traversent notre société, ceux qui s’installent entre nous. Mais je crois que l’esprit critique qui porte ce féminisme ne s’y limite pas. Il s’applique à bien d’autres contextes : à d’autres oppressions, à nos propres biais, à la manière dont nous nous racontons le monde, et dont nous racontons l’autre. C’est en cultivant cet esprit critique, plus largement, que l’on devient capable d’avancer.
Reconnaître ses limites, à mes yeux, c’est se donner les moyens de s’améliorer. Reconnaître que l’on n’est pas plus qu’un autre, c’est se mettre à hauteur de l’autre — pour le considérer tel qu’il est, dans sa diversité, avec ses biais, ses blessures, et ses richesses.
Je suis en recherche constante d’amélioration. On ne sera jamais parfait·e, mais on peut tendre, chaque jour, à être un peu meilleur·e — pour soi, et pour les autres.
J’essaie, dans tout ce que je publie, de garder une écriture accessible, et de limiter les termes techniques — y compris ceux que l’on croise dans les milieux féministes. Certaines formulations, malgré tout, ne sont pas tout à fait neutres : elles portent une intention, et ceux et celles qui partagent ces références les reconnaîtront.
Quelques mots
Ce site est jeune et incomplet. Il évoluera avec le temps, au fil de mes lectures, de mes échanges, et de ce que la pratique m’apprendra. J’espère qu’il vous plaira, et qu’il pourra apporter un peu de visibilité à l’accompagnement, au travail du sexe, à la VRAS de chacun·e, et au travail conjoint avec les professionnel·le·s de la santé.
J’ai envie de partager mes réflexions et mes outils avec toute personne que cela peut intéresser, de recevoir des retours, et de mettre en commun ce que chacun·e peut apporter. Avec les changements législatifs en cours, on sent une tendance s’installer, mais il y a encore beaucoup à faire.
Mais ce travail ne se fait pas seul·e, et il ne se limite pas à ce que je propose : il commence d’abord sur soi-même, et il se poursuit avec l’autre. Regarder ce qui freine, accepter de se remettre en question, se donner les moyens d’avancer à son rythme. C’est sur cette exigence partagée que repose l’engagement réciproque que je propose — non pas une liste de règles, mais un cadre pensé pour que chacun·e s’y engage, pour soi et pour la relation.
Je ne suis pas exempt de doutes, et mes connaissances ont leurs limites. Il m’arrive d’être maladroit pour m’exprimer, ou pour comprendre ce qui se joue. Bref, je suis humain. C’est pourquoi je reste ouvert au changement, à l’échange bienveillant, et à la critique constructive. N’hésitez pas à me contacter pour en discuter et faire avancer les choses ensemble.
Les contenus de ce site sont publiés sous licence CC BY-SA 4.0 — vous pouvez les reprendre, les adapter, les partager, à condition de citer la source et de garder la même licence.
Pour aller plus loin
- Voir les formats proposés — accompagnement, escort, collaboration avec un·e professionnel de la santé comme un·e sexologue.
- Lire quelques mises en situation pour voir comment ces principes se traduisent dans la pratique.
- Lire les articles et réflexions que je publie pour approfondir les sujets abordés ici et d’autres.
- Consulter les ressources en cas de besoin pour les suites possibles en parallèle (sexologue, planning familial, IST, aide aux victimes).
Quelques liens utiles de structures œuvrant dans le domaine de l’accompagnement:
- Corps Solidaires : Association Suisse romande.
- Aditi vzw : Association Belge (Flandre) néerlandophone.
- Aditi wb : Association Belge (Bruxelles et Wallonie) francophone.